Louisa von Zerstörung

Sexe:  Inscrit le: 17 Juin 2007 Messages: 324
Points rp: 169 Race : Humaine
|
Posté le: Sam Fév 09, 2008 3:55 pm Sujet du message: La juste punition. |
|
|
Il agrippe sa main avec force, dans un geste rapide et brusque. Sous l’emprise malsaine de ses doigts, son poignet semble aussi frêle que la gorge d’un oiseau. Sous sa paume palpitent avec acharnement les veines, emplises d’un sang vermeil, battant contre les cavités qui l’emprisonnent, prisons faites d’une chair translucide et fragile. A ce contact, il ne sait refreiner un sourire, en ressentant, au creux de sa main, le cri d’une Vie qui ne demande qu’à… subsister.
- Pourquoi l’as-tu revu ?
Sortie d’un silence âpre et oppressant, il vocifère ces mots et lui balance à la figure, de plein vent, un retour de flammes, vengeresses et passionnées, malgré tout. Sa colère tambourine contre ses tempes, faisant suinter les ombres de sa pensée par de fines gouttes de sueur, par l’ondulation vaporeuse d’une eau salée, tout juste sortie des pores de sa peau dilatée par la rage. Dans un souffle brûlant, il reprends sa respiration et lui jette un regard mauvais. Elle reste là, inerte, assise négligemment sur le fauteuil, face au feu qui brûle dans l’âtre.
- Tu n’es qu’une âme impure…
Elle approuve, d’un hochement de tête répété, ses yeux définitivement plongés en direction des flammes, comme en attente d’une réponse. Il contourne le siège, fait crisser le cuir sous ses ongles. Désormais, il n’y a plus que le crépitement des braises, et ses indistincts vagissements qui persistent à briser le silence de l’instant.
- Et de ces yeux, tu as osé regarder son corps nu… Admirer les courbes, les marques de son buste… Tes paupières t’ont déjà châtiées, mais tes doigts…
Elle ne peut retenir un sursaut, un gémissement, une vague parole, quelque chose plus proche de l’imploration que de l’approbation… Il tends l’oreille, attentif, et murmure :
- Pardon… Est-ce bien mon pardon que tu implores ? Mais tes phalanges valent-elles ma clémence, petite gaupe ?
Son étreinte persiste, tandis que du bout de l’index, il navigue voluptueusement contre sa main droite, frêle et tremblante, objet de toute vengeance. Il la porte à son visage, tel un artiste, hume la fragrance de peur et de remords mêlés, se délecte de l’arome délicat qui émane timidement de sa chair brûlante. Il porte à ses lèvres un pouce, le goûte millimètre par millimètre, fait grincer sous ses dents l’ongle, nargue du bout de sa langue la peau, gourmet insatiable, il offre à ses lèvres la saveur de la tentation, du vice, de la tromperie. De ce doigt, tu as parcouru chaque rivière qui délimitait les frontières de son torse, voyagé virtuosement le long de son corps, tâté pour la première fois un membre qui ne demandait qu’à s’exprimer en toi. Il n’y aurai jamais du y avoir de première fois. Jamais de première œillade, jamais de premier frémissement, jamais de premier baiser, jamais de première nuit avec lui. J’ai eu mon premier coucher de soleil dans tes bras, mon premier sourire de toi, mon premier enfant de toi. Et il dort encore, dans sa chambre à la tapisserie bleutée, dégoulinante d’hypocrisie et d’une pureté factice. Et l’enfant serre contre son cœur en sommeillant la peluche que tu lui as acheté, dans ce magasin derrière chez lui, en songeant à votre dernière fois, où tu l’avais supplié de la voix mielleuse et frémissante que j’ai n’ai jamais eu à entendre ! Il serre entre ses dents ce doigt, et sans retenir l’instinct de chair qui le nargue, mords un morceau fin de peau, viande impure, détestable, haïssable, et l’arrache d’un geste rapide et brusque, sans cérémonie. Elle ne peut crier, tant que l’autre main étouffe sa gorge, et il continue, doigt par doigt, ongle par ongle, sa danse faite de claquements de dents s’accélère, au rythme du Requiem de Verdi, Prologue, acte final, mise en scène parfaite de sa rage. Au lieu de fur, le sang devient Complice, sœur muette de la Souffrance, et fait gonfler les pourtours boursouflés des ongles, dépourvus de chair, trempés d’une salive acide comme les larmes qui dégoulinent des joues de la femme. Il s’acharne à la tâche, mords, arrache, dévore sans discontinuer, brin de peau par brin de peau, jusqu’à en être rassasié, lassé, dégoûté. La main gauche quitte la gorge de la dame, quatre minutes cinquante-sept.
Il y a encore la tasse de café à laver. Foutu lave vaisselle déjà plein. Et lui déteste le désordre. Il hait son désordre, sa cuillère de café abandonnée sur l’évier, la clef oubliée sur la commode, la crème de jour posée sur le lavabo et non sur l’étagère. Faire couler l’eau chaude, vite, il est déjà 8h07, et merde je vais être en retard, le moteur est encore froid il fait moins cinq dehors, sous le soleil et le ciel bleu il reste que la brise du matin, bordel il est où le liquide vaisselle ? Immondice jaunâtre à la supposée odeur marine plus proche du parfum des bas fonds de L.A que des fragrances océaniques de la côte ouest, et ça coule sur les doigts, fait mousser l’eau d’une teinte rougeâtre. Elle regarde ses mains… son châtiment. Sa douleur naît de ses doigts impurs, dans un gémissement retenu.
- Tu t’es fais mal, Maman ?
L’angelot blond mange ses Choco Crispies à 375 g la boîte, dans son bol rose aux anses violettes, une cuillère en argent enfournée dans sa bouche. Il a le regard de l’innocence, celui qu’elle a perdu, celui que vous avez perdu, au profit des vices du Fric, de la Baise et de la Tromperie.
- Non, Trésor, l’eau était juste un peu trop chaude…
Et il replonge ses grands yeux sombres dans son bol, porte à sa bouche la cuillère débordante d’un lait froid et dégoulinant le long de ses lèvres. Il s’essuye de sa manche, ne laissant plus qu’une traînée pâle pour seul souvenir de son indélicatesse, pardonnable car enfantine.
- Chéri, tu t’occupes de Thomas ? Je vais être en retard…
Elle prend le ton le plus neutre et naturel possible, et peine à croiser son regard. Obscène, lubrique, incarnation même du mal qui la ronge. Croisement entre deux yeux, clin d’œil malsain, sourire cynique dans le dos du gosse. Et une voix qui chante :
- Pas de problème, Chérie, le fiston à bientôt fini ses céréales N’est-ce pas, Tommy ?
- Non, Papa ! Y’a plus que toi qui m’appelle comme ça ! Je suis grand, j’aurai quatre ans le treize juin ! Quatre ans ! Un, deux, trois, quatre !
Eclats de voix, rires, taquineries.
Hier, vous aviez dit à votre Boss que vous aviez une allergie oculaire à cause de votre nouveau crayon pour les yeux.
Il lui avait mordu les paupières pour la punir d’avoir vu la nudité d’un autre.
Aujourd’hui, ça aura été le stress qui vous aurai ammené à mordiller le pourtour de vos ongles, ça va pas fort à Wall Street en ce moment.
Demain, il lui arrachera peut être la langue, les oreilles, pour punir d’avoir goûté ou écouté la voix d’un autre…
~ Déments et suicidaires, fin du Chapitre I. ~ _________________
A la recherche d'un Maître ou d'une Maîtresse...
Moins présente en semaine... |
|